Le retour du Missionnaire

Très chers lecteurs,

Cette demi-journée d’apostolat aurait nécessité plusieurs chroniques (car les réseaux sociaux imposent une limite de caractères), c’est pourquoi j’ai choisi de la narrer plus longuement ici même. Action !

Le jour se lève à peine lorsque le Troubadour de Notre Dame s’éveille, après un temps d’Oraison méditant « L’Imitation de la Bienheureuse Vierge Marie » de Thomas Kempis, un chapitre traitant des bienfaits de la communion spirituelle et de la communion sacramentelle, votre serviteur entame son Rosaire par un premier chapelet avant de commencer sa journée de labeur.
Je méditais justement sur ma tristesse, étant isolé dans ma campagne, de ne plus avoir le privilège comme au temps où je vivais à Nantes, de servir la Sainte Messe et de communier chaque matin de bonne heure.

M’étant quelque peu embourgeoisé ces derniers mois et ayant pris l’habitude de ne plus aller chansonner au marché sans être accompagné, et souvent en auto, je mis mes souliers comme au bon vieux temps pour me rendre à pied et en autostop à mon apostolat du jour, faisant cavalier seul, porté par ma Première Dame.
Tout en priant et rendant grâce à chacun de mes pas, je me souvenais ému que la dernière fois que je tendais le pouce afin de pêcher des âmes pour la Reine du Ciel et son Divin Fils, je n’avais pas d’alliance à la main gauche, j’étais encore dans l’Ouest près de Pontmain à l’issue d’une interminable tournée qui avait duré 75 jours. (de la Saint Louis à la Saint Martin).

Après deux kilomètres de marche, une auto s’arrêta pour me mener à Moirans, un jeune Savoyard exilé en Dauphiné car il n’avait pas les moyens de s’installer en ses propres terres, à cause du tourisme qui fît dégringoler les prix de l’immobilier… comme c’est désormais tristement courant. Je jouais la carte de l’affabilité car le trajet était court, me contentant de m’intéresser à cette âme et lui souhaiter tous les bienfaits de Dieu lorsque nous nous quittâmes.

Arrivé à la bourgade, avec un peu d’avance, car j’ai coutume de chansonner de 10H à 12H, je voulu me recueillir dans l’Église Saint Pierre et Saint Paul afin de finir mon deuxième chapelet avant le récital. J’avais le cœur serré pendant mon Oraison matinale d’être habituellement privé de communion en semaine et orphelin de la présence réelle… Dieu a étanché ma soif.
Arrivé à l’Église que je m’attendais à trouver vide, dans une chapelle latérale, un prêtre septuagénaire avec ses ornements, officiait… non pour une Messe Paul VI, mais pour une solennelle adoration à laquelle était présent une vingtaine de fidèles de tout âge.
Opinion impopulaire dans nos milieux ; je ne considère par ipso facto que la présence réelle est absente dés lors qu’une Église est occupé par les conciliaires, car je ne sais que trop que malgré Vatican II, il reste des prêtres ayant la Foi et ayant le pouvoir de faire descendre Notre Seigneur sur l’Autel, car leur intention demeure de faire ce qu’à toujours fait l’Église. C’est pourquoi je me prosterne toujours devant le Tabernacle disant « Si vous êtes la Seigneur, je vous adore ».
Le simple fait qu’un prêtre convoque une adoration un samedi matin prouve que tout n’est pas aussi noir que ce que prétendent certains oiseaux de mauvaise augure, considérant tout bonnement qu’il n’y a que de faux prêtre et de faux sacrement dans l’Église Conciliaire.

Certes, une partie des fidèles étaient assis, le vieux prêtre aussi, mais d’autres étaient à genou, tous presque avaient en main leur chapelet, et étaient profondément recueilli, silencieux, en somme des Catholiques qui prient avec dignité et dévotion de bon matin dans un village de campagne : un demi-miracle en 2025.

Je connais l’Abbé car il est devenu le Prieur de la paroisse de mon village qui a été aspiré par celle de Moirans, et je sais que les mamies cathos-soixante-huitardes qui faisaient naguère la loi ici ne s’en accommodent guère car il aurait selon elles l’outrecuidance d’être strict et de ne point laisser perdurer leurs abus et leur ingérence dans le ministère du prêtre… ce qui me l’avait d’emblée rendu sympathique je ne vous le cache pas.

Je me prosterne devant Notre Seigneur au Saint Sacrement, et me recueille dix minutes le temps de finir mon Chapelet, tous chantèrent pour finir un magnifique et fervent « Tantum Ergo », et Notre Seigneur regagna son Tabernacle par les mains de Son Ministre, béni soit-il.

Sortant le premier de l’Église à l’issue de l’adoration, je me dirige d’un pas sûr vers le marché, les mêmes mahométans dont je vous avais entretenu lors d’une précédente chronique me saluent, et insistent pour que je chante encore près d’eux… je me mis en tenaille entre un vendeur de galette et un vendeur de couscous, mis mon décor en place, et commença à chansonner après une dernière prière.

Trois interventions durant mon récital apostolique ont retenu mon attention.
La première, celle d’un couple d’octogénaire, la Dame avait les larmes aux yeux de m’entendre entonner « La légende de la nonne » de Victor Hugo, m’encourageant et me disant « Merci, On a besoin de ça ! » J’en étais alors à la chute où le Bon Dieu foudroie la nonne et le brigand (« les amants par Satan liés ») qui s’étaient donnés rendez-vous aux pieds de la statue de Sainte Véronique.

Quelques minutes plus tard, un autre couple un peu plus jeune (la cinquantaine), vint m’interpeller tandis que je chantais « La Voie du Salut », une nouvelle chanson de mon prochain album « Sécession », j’étais en train d’exhorter « Le peuple déicide de reconnaître son Seigneur »… je sens à tort venir l’embuche…
Au contraire, ils me complimentèrent, le mari ajoutant, montrant mon décor : « c’est très bien ce que vous faites, en plus vous avez le Sacré Cœur et le Cœur Immaculé pour vous accompagner, vous êtes protégé », je les remercie et ajoute par habitude « il y a parfois de l’hostilité… mais jusqu’ici tout va bien »… Elle arrive !

Un peu plus tard pendant le récital vint le choc, j’avais pris une entracte pour reprendre des forces, le mahométan à ma gauche m’ayant offert un café, je me remis à clamer mes odes contre-révolutionnaires.

Une dame d’une soixantaine d’année, passait mon décor aux rayons x depuis quelques minutes tandis que je chantais, s’approchant même jusqu’à mes albums pour voir le titre de mes chansons sans doute, je l’avais saluée droit dans les yeux mais elle m’ignorât dans un premier temps, restant là à enquêter pour le compte de Moscou, de Pékin ou de Tel-Aviv, je ne sais, Dieu le sait ! Je vous retranscris l’échange de mémoire, attention mouillez-vous la nuque, vous allez assister à un festival de pérroquisme, -je les indiquerai en gras pour faire les compte-.

Elle prit tout de suite un ton inquisiteur et accusateur,
– Dîtes moi, votre drapeau, ça ne serait pas un peu… royaliste / facho ?
– Bonjour Madame, ma Foi vous savez bien que le fascisme est une idéologie issue de la Révolution Française… ce n’est guère compatible avec le Royalisme.
– Ah bah oui bien sûr… est ce que vous avez déjà ouvert un livre d’histoire dans votre vie ?!
– Oui tout à fait, je ne fais que ça, je suis justement un modeste historien sans le titre, et c’est pourquoi je chante l’histoire de France.
– Et où avez vous fait vos études ?!
– Je suis autodidacte
– *suffisant rictus » mouais… (sous entendu, donc ça ne vaut rien)… si vous ne lisez que l’histoire selon Philippe de Villiers, pas étonnant !
Devant son air agressif je lui dis calmement :
– Il paraît qu’en France, on a le droit de s’exprimer. (mon existence même semblait la débecter).
– Moi aussi j’ai le droit de m’exprimer !
– Mais faites Madame, je vous écoute
– Vous vous rendez compte ? Vous croyez qu’on en a pas eu assez avec l’inquisition ?
– Voulez vous que je vous donne les chiffres de l’inquisition ?
– Euh… oui…
– Tout au plus 200 condamnées en 30 ans… que des multi récidivistes, c’est bien peu pour qu’on nous bassine avec cela pour justifier l’ignominie des révolutions
– C’est pas vrai, il y avait des buchers dans toute l’Europe, vous devriez aller à l’ARSH (Université d’Arts et Science Humaine).
– Non merci madame, j’ai déjà donné, on m’a assez menti comme ça, 15 ans d’école de la République et une licence d’histoire, j’ai eu mon compte de propagande républicaine.
– Pourquoi croyez-vous vous qu’on vous ment tout le temps ?
– Non pas tout le temps, Dieu lui ne ment pas.
(Elle soupire).

Elle est rejoint pas une amie du même âge venu lui prêter main forte.
Elle continue à vociférer, sa phraséologie ne laissait pas de doute sur sa chapelle politique, alors je lui dis pour détendre l’atmosphère.

– Vous savez madame, je viens aussi du communisme, mais j’en suis sorti, mes parents étaient eux socialistes et j’ai fini par aller chercher la Vérité ailleurs car de toute évidence elle ne s’y trouvait pas.
– Bah moi mon père était gaulliste, et je suis devenue communiste, voir des gens comme vous c’est effrayant (elle montre Notre Seigneur et Notre Dame) quand je vois cela, ça me file les jetons.
– Vous avez peur de Dieu ? Mais il vous aime, il vous a crée…
– J’en doute, et s’il m’a crée, à mon avis il ne m’aime pas, d’ailleurs l’Homme est la pire création de Dieu, vous savez à quel point l’homme détruit tout ?! la planète ?! les animaux ?! vous en avez conscience ?!
– Dieu nous a fait libre, l’homme transgresse sa Loi parce qu’il use mal de sa liberté et cela a des conséquences, Dieu n’y est pas pour rien. Dieu est notre unique espérance face à l’état du monde.
– Depuis la nuit des temps il y a du mal, ce n’est pas vos idéologies qui résoudront le problème. (inversion accusatoire).
– Nous devons admettre que cela s’est profondément aggravé depuis deux siècles… et je suis dans la Foi, l’idéologie c’est autre chose.
– Non c’était pire avant …!

Parlons en des idéologies…

– Vous aimez Brassens Madame ?
– Oui bien sûr
– Je chantais toute à l’heure « Mourir pour des idées : depuis tant de grands soirs, que tant de têtes tombent, au paradis sur terre on y serai déjà », ne croyez vous pas qu’il y a eut assez de sang au nom de vos révolutions ?
– Oui il y a eut du sang, mais c’était pire avant !
– Entre la centaine de mort de l’inquisition et les millions des guerres mondiales, du libéralisme, du communisme, du fascisme, des révolutions, de la Vendée et des génocides perpétrés par les Protestants il y a un monde madame.
– Olala… n’empêche que vous êtes un facho monsieur.
– (j’hausse la voie) Écoutez madame, vous voyez à ma gauche un mahométan, à ma droite un autre mahométan (les deux sourient), ils m’ont accueilli ici et dit de chanter, si j’étais ce que vous pensez croyez vous qu’ils seraient si jouasses ?
– Ce n’est pas écrit sur votre front
– Ils entendent mes chansons madame, ça ne leur pose pas de problème. J’étais déjà la il y a un mois, ils m’ont demandé de revenir.
– C’est effrayant de voir ça de nos jours… ! C’est malheureux vos idées…
– Si cela vous convient d’avoir Macron et tous ces menteurs et voleurs qui se succèdent à la tête de la république, cela vous regarde.
– JE NE SUIS NI HEUREUSE AVEC MACRON, NI HEUREUSE AVEC LE FRONT NATIONAL, NI HEUREUSE AVEC LES GRENOUILLES DE BÉNITIERS, NI AVEC LES BÉNIS OUI OUI, NI AVEC LES FACHOS !
– C’est bien dommage de se mettre dans cet état, autant s’entendre avec tout le monde, on est ainsi plus en paix et plus heureux… Je vous souhaite une Bonne journée mesdames.
(elles partent en maugréant).

Je reprends mon récital, nombreux avaient vu l’altercation, et me virent louer Dieu de tout mon cœur comme si de rien n’était, dans les deux minutes qui ont suivi, de nombreux ont mis la pièce, comme pour m’encourager face à l’agression verbale subit. En soit j’ai pris la peine de vous faire profiter de cet échange, qui n’a rien d’exceptionnel puisque cela arrive fréquemment en Mission, avec toujours cette agressivité caractéristique des rouges, répondre avec calme est capital et cela rend le témoignage plus efficace, car ceux qui assistent à la joute voient de quel côté se trouve la haine.
C’était encore un rappel, qu’il est insupportable aux ennemis de l’Ordre, de la Loi Naturelle et donc de Dieu, de constater que nous respirons encore et que pire, des malotrus de mon espèce ont encore le toupet de s’exprimer publiquement au pays de la Sacro-sainte Laïcité. Voyez l’obscurantisme chimiquement pur en la personne de votre serviteur.

Le récital achevé conclu par « Sauvons nos Chambarans », je ramasse les nombreuses pièces que les généreux villageois m’ont laissé, le Mahométan à ma gauche m’offre un repas à emporter et une bouteille d’eau fraiche. Je le remercie chaleureusement, lui souhaitant la bénédiction de Dieu, reprend ma prière et ma marche à l’heure de l’Angélus et rentre en mon village pour vous rendre compte de ces quelques aventures.

Complète fût la matinée me rappelant les plus belles heures de ma modeste mission, avec son lot de surprises, de grâces, d’encouragements, de consolations, de mépris, d’hostilité, d’édification, je loue le Seigneur par Marie et confie chacune de ces âmes à Son Sacré Cœur, afin qu’Il les mène à la véritable paix intérieur qui ne se trouve qu’en Lui, et qu’Ils glanent un jour la Couronne Éternelle qui nous est préparée.

Louis-Antoine de Partout, Servus Mariae




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